

Francis Bureau
Maître de la transmissionLe maître artisan suit des yeux les courbes que dessine une main novice. Qu’il approuve ou qu’il corrige, c’est la même voix douce. Le calme imprègne l’attitude du maître. La même assurance que lorsqu’il évolue dans son atelier. Le même plaisir également. Celui de transmettre et de travailler les métaux. À 61 ans, Francis Bureau, aujourd’hui à Parçay-sur-Vienne, est un homme fier de son parcours. De la trace qu’il a laissée : la statue de la Liberté, à New York, ou la place Stanislas, à Nancy ; une centaine d’apprentis qui reviennent tous le voir un jour ou l’autre… Des « bourgeons », laissés derrière lui. Des graines d’artisan d’art disséminées aux quatre coins de la France et tous reconnaissants d’avoir un jour appris de ce maître ferronnier.
Les élèves du lycée des métiers d’art d’Arsonval eux aussi doivent beaucoup à Francis Bureau. Il les laisse s’exprimer dans la création graphique des bourgeons du tram, comme il laisse les métaux se révéler. Corrigeant, expliquant, s’investissant dans chaque dessin s’il le doit. Le dessin, c’est une part de l’objet. La création. Le dessin, c’est le bourgeon d’un bourgeon en somme. La plus pure inventivité, selon Hegel, celle qui s’éloigne de la matérialité pour s’approcher de l’essence de l’expressivité. Pourtant, le maître artisan précise : « Il faut que tout soit à la bonne échelle, sinon on ne peut réaliser l’objet. » Ferronnier d’expérience, Francis Bureau sait de quoi il parle. Et c’est avec une grande simplicité qu’il transmet son savoir-faire aux lycéens investis dans ce « projet communautaire, qui mêle les genres et les savoirs vers un objectif commun ».
























